Le Rwanda est considéré comme un pays dirigé par un pouvoir autoritaire, où les opposants sont emprisonnés, ou même tués dans certains cas.

La 15e cérémonie de remise du Prix Victoire Ingabire pour la démocratie et la paix s’est tenue dans la capitale belge, à Bruxelles, le 28 février dernier. Une occasion qui honore différentes personnalités qui œuvrent pour la paix et la démocratie, comme le prix est dénommé.  

Même en prison, Ingabire continue d’être soutenue

Celle qui a donné son nom à ce prix est saluée pour le courage qu’elle a d’affronter le pouvoir du président Paul Kagame, considéré comme un régime autocrate. Victoire Ingabire, libérée en 2018, a de nouveau été emprisonnée en juin 2025, pour “incitation à des troubles” au sein de la population, entre autres crimes. 

Son ancien parti, le FDU Inkingi, désormais en exil, continue de lui apporter un soutien financier. Emmanuel Mwiseneza, le vice-président de ce parti, explique que “si Ingabire peut toujours payer ses avocats, louer une maison à Kigali, ou avoir un véhicule pour ses déplacer, c’est grâce aux contributions des membres du parti FDU.” 

“Ce n’est pas le régime de Kagame qui lui donnera ce dont elle a besoin”, conclut M. Mwiseneza.

Kagame poursuit ses opposants, même à l’étranger

La plupart des opposants rwandais se sont retrouvés, à un moment de leur carrière politique, en prison à Kigali, pour différentes raisons, mais souvent, car ils ont voulu défier Paul Kagame lors des élections.  

Pour dissuader ces opposants, le président rwandais est prêt à tout. Paul Rusesabagina, président du parti MRCD (Mouvement rwandais pour le changement démocratique) a été kidnappé à Dubaï par le pouvoir rwandais, en août 2020, et emprisonné à Kigali.  

Selon lui : ” le monde entier n’a jamais été aussi vigilant, aussi concerné par ce qui se passe à Kigali, tel que ça se passe aujourd’hui. On voit bien que le monde entier sait ce qui est en train de se passer. Quand j’ai commencé à faire des conférences, il y a peut-être 25 ou 30 ans, le monde ne comprenait rien du tout. Mais aujourd’hui, on voit bien que le monde nous entend.” 

Paul Rusesabagina, résident américain, a été libéré en mars 2023, sous pression de Washington, et déclarera ensuite que le pouvoir de Paul Kagame ne pourra pas le réduire au silence

Kigali a été cité dans des affaires d’assassinats politiques, notamment dans la mort du colonel Patrick Karegeya, l’ancien chef des renseignements extérieurs du Rwanda.  

Le général Kayumba Nyamwasa, ancien proche de Kagame, exilé aujourd’hui en Afrique du Sud, dit avoir, au moins trois fois, échappé à des tentatives d’assassinat par le pouvoir rwandais.  

Plusieurs opposants sur une liste de “terroristes”

Ce général, l’un des fondateurs du parti RNC (Rwanda National Congress), est, depuis octobre dernier, sur une liste des opposants que le Rwanda qualifie de terroristes.  

Mais Alexis Rudasingwa, coordinateur du parti RNC en Belgique, pense que cela ne peut empêcher l’opposition de continuer à mener ses activités politiques, car dit-il, “malgré cette pression de faire taire l’opposition, nous devons continuer à travailler. Ça va demander beaucoup d’efforts. Beaucoup de victimes. Les victimes, il y en aura. Mais nous, on ne va pas s’arrêter. On va continuer”

Certains partis en exil estiment qu’il est essentiel de former une coalition. Une idée qui pourrait mieux faire entendre leur voix pour pousser le pouvoir à Kigali au dialogue.  

Source: DW Press Agency / Etienne Gatanazi

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